Peut-on dire que les jeunes d’aujourd’hui sont plus bêtes que ceux d’hier ? La question se repose à la sauce « 2.0 » avec l’utilisation croissante de l’Internet et en particulier de Google. Je vous conseille de lire (et de commenter) l’article de Pascal MINGUET sur le blog de TMHC : La génération Google qui fait référence à Les futurs internautes sont déjà de mauvais élèves sur Newzy.fr

Pour résumer rapidement les « jeunes » de la génération Google se contentent d’outils simples pour rechercher des renseignements superficiels qu’ils sont incapables de vérifier. Ils n’en ont d’ailleurs pas les capacités … Il faut ajouter à cela qu’ils n’ont aucun respect pour le travail d’autrui (c’est à dire les droits d’auteurs) puisqu’ils usent et abusent du copier-coller. Bref, un tableau assez noir de la situation, non ?

Comment résumer mon sentiment la dessus ? Avec un peu d’histoire peut être … Au Moyen Age, la connaissance humaine tenait dans une bibliothèque. Il fallait être un vrai privilégié pour y avoir accès : savoir lire, être au service d’une personne ayant suffisamment de pouvoir et d’argent pour pouvoir se procurer les livres, etc. Et ensuite ? La connaissance globale a augmenté, à tel point que qu’il est devenu de plus en plus difficile (puis impossible) de l’appréhender dans sa globalité. L’accès par contre s’est développé puisque les livres et les autres supports sont devenus de moins en moins coûteux et que l’alphabétisation a progressé. Avec l’arrivée des journaux et des magasines une autre mutation s’est produite, la connaissance n’est plus seulement de la réflexion (le livre construit autour d’un thème ou d’une histoire) mais aussi de l’information (une retranscription de l’actualité sans obligation de perspective). Même en étant objectif, cette dernière catégorie est fortement sujette à l’interprétation, il devient donc difficile de définir LA vérité.

La situation d’aujourd’hui peut donc se résumer ainsi :

  1. Il y a une énorme quantité de connaissance humaine, plus que la capacité d’un homme à en faire le tour au cours d’une vie.
  2. L’accès à cette connaissance est globalement facile. Je nuance cette affirmation de mon point de vue d’habitant d’un pays privilégié et en paix, ayant un revenu suffisant pour me connecter facilement à Internet et pour ne pas avoir la hantise chaque jour de trouver de quoi nourrir et habiller mes enfants …
  3. Une grande partie de la connaissance humaine actuelle est faite de l’actualité quotidienne qui, sans préjuger de son intérêt, sera oubliée dans 1, 5 ou 10 ans. Bref, elle n’est pas gravée dans le marbre et est plus affaire d’opinion que de « vérité vrai ».

Il est impératif d’utiliser aujourd’hui des « outils » pour accéder à l’information, Google en est un. Nous cherchons tous la simplicité pour nos objets de la vie quotidienne, est-il si extraordinaire que ces outils de recherche deviennent de plus en plus simples ? La recherche en un clic n’est-elle pas identique au lave-vaisselle à un bouton ? Je ne suis pas convaincu que cette simplification fait de nous des « incompétents » comme l’article le mentionne.

Le fait que nous utilisions tous les mêmes outils est-il un signe d’appauvrissement de l’information ? Plus jeune, je n’utilisais pas Internet pour faire des recherches mais une bibliothèque. Je prenais quelques revues et quelques livres, souvent les mêmes comme mes amis. Est-ce que ma recherche d’information était plus limitée que celle que je pourrais faire aujourd’hui ? Là encore j’ai des doutes …

La question de la véracité de l’information n’est pas simple. Les opinions n’ont pas de vérité, ce sont des opinions. Ceux qui pensent que la vérité vient de l’écrit devraient lire le Figaro, Libération, Les Echos, le Monde et Le Monde Diplomatique sur un même sujet …

En conclusion, pour moi les nouvelles générations ne sont pas plus bêtes que les anciennes, elles sont simplement adaptées au monde d’aujourd’hui. Les choses changent assez rapidement, vous vous en rendez compte, et les différences se creusent peut être un peu plus vite aujourd’hui entre les personnes qui ont simplement 10 ans d’écarts. La période intéressante est encore devant nous, quand la vraie génération internet, celle née dans les années 2000, arrivera en masse dans les entreprises, aux alentours de 2020 (voir cet article). Les habitudes de communications seront alors vraiment différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui.

PS : Si les jeunes sont bêtes, ils peuvent quand même nous en apprendre, voir pour cela l’excellent ON NE NAIT PAS INTERNAUTE … ON LE DEVIENT !

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